Contrat de sous-location : le guide complet
Mis à jour le 6 août 2026
La sous-location consiste, pour un locataire, à louer tout ou partie du logement qu'il occupe à une autre personne, le sous-locataire, en échange d'un loyer. Elle est légale en France, mais strictement encadrée : l'accord écrit du bailleur est obligatoire, et le loyer est plafonné.
Un contrat de sous-location est valable à deux conditions cumulatives : l'accord écrit du propriétaire (sur le principe et sur le prix) et un loyer au mètre carré qui n'excède pas celui du locataire principal. C'est l'article 8 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Qu'est-ce qu'un contrat de sous-location ?
Le contrat de sous-location est l'accord écrit qui lie le locataire principal (appelé sous-bailleur) au sous-locataire. Il organise la mise à disposition du logement, le montant du loyer, la durée et les obligations de chacun. Le propriétaire n'est pas partie à ce contrat : il n'a de relation juridique qu'avec le locataire principal, qui reste seul responsable devant lui.
Concrètement, cela signifie que si le sous-locataire ne paie pas ou dégrade le logement, c'est le locataire principal qui répond devant le propriétaire. Le contrat de sous-location est donc autant une protection pour le sous-bailleur qu'un cadre clair pour le sous-locataire.
Le cadre légal : la loi du 6 juillet 1989
La sous-location d'un logement à usage d'habitation est régie par l'article 8 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Cet article pose deux règles impératives :
- L'accord écrit du bailleur est obligatoire, tant sur le principe de la sous-location que sur le prix du loyer pratiqué.
- Le prix du loyer au mètre carré de surface habitable des locaux sous-loués ne peut excéder celui payé par le locataire principal.
La loi précise aussi que le locataire doit transmettre au sous-locataire l'autorisation écrite du bailleur et une copie du bail en cours. Enfin, le sous-locataire n'a aucun droit propre vis-à-vis du propriétaire : il ne peut pas se maintenir dans les lieux à l'expiration du bail principal.
Ce que doit contenir le contrat
Un contrat de sous-location solide reprend l'essentiel d'un bail classique, adapté à la relation de sous-location. Les mentions indispensables sont :
- L'identité complète du locataire principal et du sous-locataire.
- L'adresse et la description du logement (type, surface, meublé ou vide).
- Le montant du loyer et des charges, dans la limite du plafond légal.
- La durée de la sous-location et ses dates de début et de fin.
- Le montant du dépôt de garantie, s'il y en a un.
- La référence à l'autorisation écrite du bailleur, annexée au contrat.
La durée
La durée de la sous-location ne peut pas dépasser celle du bail principal. Quand le bail du locataire principal prend fin, la sous-location prend fin automatiquement, sans que le sous-locataire puisse invoquer un droit au maintien dans les lieux.
Le loyer et son plafond
Le loyer de sous-location se calcule au mètre carré. Si le locataire principal paie 1 000 € pour 50 m² (soit 20 €/m²), il ne peut pas sous-louer une chambre de 15 m² à plus de 300 €. Dépasser ce plafond est une infraction et peut être sanctionné.
Les loyers perçus au titre d'une sous-location non autorisée peuvent être réclamés par le propriétaire. La Cour de cassation a jugé que ces sommes constituent des fruits civils appartenant au bailleur (Cass. civ. 3e, 12 septembre 2019). Sous-louer sans accord n'est donc pas seulement risqué : c'est financièrement dangereux.
Les étapes pour sous-louer en règle
- Demander l'accord écrit du propriétaire, sur le principe et sur le prix.
- Obtenir cet accord signé (courrier ou attestation) et le conserver.
- Rédiger le contrat de sous-location et y annexer l'autorisation et une copie du bail principal.
- Réaliser un état des lieux d'entrée avec le sous-locataire.
- Signer le contrat en deux exemplaires.
Les risques d'une sous-location sauvage
Sous-louer sans respecter ces règles expose le locataire principal à des conséquences lourdes : résiliation du bail pour manquement, obligation de restituer les loyers encaissés, et perte de la confiance du propriétaire. Pour le sous-locataire, l'absence de contrat écrit rend toute réclamation difficile en cas de litige.
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Pour aller plus loin, consultez notre guide sur l'autorisation du propriétaire, étape indispensable avant toute sous-location, ou nos pages dédiées à la sous-location meublée et à la sous-location sur Airbnb.
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Créer mon contratQuestions fréquentes
Un contrat de sous-location est-il obligatoire ?
Oui. Sans contrat écrit, la sous-location repose sur un simple accord verbal, impossible à prouver en cas de litige sur le loyer, la durée ou l'état du logement. Un écrit protège le locataire principal comme le sous-locataire.
Le loyer de sous-location peut-il dépasser le loyer principal ?
Non. L'article 8 de la loi du 6 juillet 1989 impose que le prix au mètre carré de la surface sous-louée n'excède pas celui payé par le locataire principal. Sous-louer plus cher est illégal.
Peut-on sous-louer sans l'accord du propriétaire ?
Non. Le locataire doit obtenir l'accord écrit du bailleur, sur le principe de la sous-location et sur le prix du loyer. Sous-louer sans cet accord expose à la résiliation du bail.
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